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 LE TRÉSOR DES FRÈRES MOROZOV

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liliane
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MessageSujet: LE TRÉSOR DES FRÈRES MOROZOV   LE TRÉSOR DES FRÈRES MOROZOV Icon_minitimeDim 19 Sep - 14:09


LE TRÉSOR DES FRÈRES MOROZOV


Qui étaient les frères Morozov, dont la collection débarque à la Fondation Vuitton ?

​La Fondation Louis-Vuitton, à Paris, expose du 22 septembre 2021 au 22 février 2022 l’impressionnante collection d’art impressionniste et moderne de Mikhaïl et Ivan Morozov. Deux mécènes passionnés et passionnants, injustement oubliés.



Renoir, Cézanne, Matisse, Gauguin... La Fondation Louis Vuitton dévoile 200 chefs-d’œuvre venus de RUSSIECOULISSES Cinq ans après la collection Chtchoukine, c’est l’aboutissement de tractations délicates entre Paris et Moscou

MARIE-ANNE KLEIBER

Quatre ans après l’immense succès de l’exposition Chtchoukine (1,9 million de visiteurs), la Fondation Vuitton donne, à partir du mercredi 22 septembre, un coup de projecteur sur une autre collection de chefs-d’œuvre acquis par des Russes au tournant du XIXe siècle.
Il s’agit cette fois de celle des frères Morozov. Un feu d’artifice de Manet, Renoir, Toulouse-Lautrec, Monet, Picasso, Gauguin, Bonnard, Vuillard, Rodin… Près de deux cents tableaux, sculptures, photographies. L’événement artistique de la rentrée.


Une vague d’où émerge un visage se déchaîne en surplomb. Cette sculpture d’Anna Goloubkina, fleurant les embruns et le Modern Style, orne depuis plus d’un siècle le Théâtre d’art à Moscou, là même où Stanislavski mit au point sa méthode de jeu révolutionnaire reprise en Occident par Lee Strasberg à l’Actors Studio. Une maquette en plâtre de ce relief tumultueux, placée sur le haut d’une porte, ouvre l’exposition phare de la rentrée : « La Collection Morozov – Icônes de l’art moderne » à partir de mercredi à la Fondation Louis Vuitton, en lisière du bois de Boulogne.
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Les premiers visiteurs devant des œuvres de Bonnard, conçues pour l’escalier d’honneur du palais Morozov, à Moscou. | GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP


C’est une métaphore en trois dimensions du parcours à venir, celle d’une déferlante de chefs d’œuvre de l’Art moderne signés Cézanne, Matisse, Sisley, Monet, Renoir, Gauguin, Van Gogh, Derain, Bonnard ou Denis, ainsi que de grands peintres russes comme Natalia Gontcharova et Ilia Répine. Où que le regard se tourne, il est happé par un champ impressionniste où les coquelicots frissonnent au vent chez Claude Monet ou par un nuage de Lilas peint par Mikhaïl Vroubel (1901). Le célèbre portrait cubiste du marchand Ambroise Vollard par Picasso (1910), aux facettes éclatées donnant l’impression de voir une pensée décomposée, le dispute à la poignante Ronde des prisonniers de Van Gogh, alors qu’il était lui-même interné à Arles en 1890.

La présentation de ces toiles issues des collections des deux frères russes Mikhaïl et Ivan Morozov, grands bourgeois amoureux des arts, résonne tel un écho à celle de la collection de Sergueï Chtchoukine, qui avait attiré un record de 1,3 million de visiteurs en 2016-2017 au même endroit. Trois musées (l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, le musée Pouchkine et la galerie Tretiakov à Moscou) se partagent cette collection qui a subi les vicissitudes de l’histoire et du temps – nationalisée en décembre 1918 après la révolution russe, menacée de disparition sous Staline puis en raison du manque d’entretien. Ces institutions ont accepté de prêter quelque 200 trésors, des tableaux et quelques sculptures (Rodin et Camille Claudel notamment) à la Fondation Louis Vuitton (lire ci-contre).

Au petit jeu des comparaisons, Chtchoukine gagne sans doute sur le terrain de l’audace : cet homme d’affaires fortuné, plus âgé que les frères Morozov (nés en 1870 et 1871), eux aussi richissimes, a acheté des dizaines de toiles de Matisse et de Picasso, allant vers le plus radical, le plus extrême. Chez les Morozov – Ivan surtout, qui vécut plus vieux que Mikhaïl, mort prématurément en 1903 – on trouve trois Picasso seulement (remarquables) mais, comme chez Chtchoukine, de nombreux tableaux des débuts de l’impressionnisme, puis du symboliste Gauguin et des fauves. « Mikhaïl d’abord puis Ivan après lui ont construit des ensembles cohérents, achetant la création en train de se faire, raconte Anne Baldassari, commissaire de cette exposition comme de la précédente. Ces jeunes gens, friands d’art contemporain français et russe, avaient la volonté de constituer une collection muséale. »

Une salle entière, enchanteresse, est ainsi consacrée aux œuvres de la période tahitienne de Paul Gauguin. Un voyage émotionnel dans des îles à la végétation luxuriante, tapissée par aplats de couleurs vives, où la mort rôde cependant. Dans l’ombre posent des vahinés mystérieuses, telle cette jeune femme portant une mangue gonflée comme un ventre enceint dans Eu haere ia oe (Où vas-tu ?) de 1893.

Sergueï Chtchoukine emmena aussi Ivan Morozov dans l’atelier d’Henri Matisse, à qui le jeune industriel, respectueux des conseils de son mentor, acheta des tableaux, dont plusieurs natures mortes comme Fruits et bronze (1910). Une œuvre que Morozov choisit comme arrière-plan lorsque son ami Valentin Sérov le croqua la même année. Les deux toiles sont juxtaposées pour la première fois. Et on observe dans un va-et-vient singulier le collectionneur à l’œil vif et la création qu’il appréciait. Matisse mit deux ans à honorer une autre commande. La patience d’Ivan Morozov fut récompensée : l’exceptionnel triptyque marocain (1912-1913) se déploie en trois volets épurés où les nuances de bleu se répondent, indiquant l’ombre et la lumière dans une journée déclinée à trois moments.

Les Morozov suivirent aussi des voies singulières. Ils osèrent ainsi acheter des nus, tels ces deux pastels délicats sur fond de vieux rose d’Edgar Degas montrant des femmes à leur toilette, ce qui faisait scandale dans leur milieu très prude et religieux. Mikhaïl, l’aîné, un personnage haut en couleur, amateur de théâtre, de vodka et de viande crue, a rassemblé en quelques années 39 œuvres d’art européennes et 44 russes, faisant souvent preuve de hardiesse dans ses choix. Il acquit ainsi, peu avant son décès, une toile d’Edvard Munch, Nuit blanche, Osgarstrand (1903), la première toile de ce peintre expressionniste à entrer en Russie.

Ivan, plus pondéré, amassa 240 œuvres françaises et 430 russes jusqu’à la Première Guerre mondiale. Ses goûts portaient davantage sur les paysages, fauves, tempétueux, ou ceux plus édéniques de Bonnard (Chtchoukine n’en avait aucun) et ceux de Cézanne, très intellectualisés. Mais il commanda aussi en 1907 à Maurice Denis des panneaux sur Psyché et Éros, aux roses et aux bleus francs, presque criards, qui décoraient son salon de musique : une pièce détonnante entièrement reconstituée ici. De même, Anne Baldassari a recréé le « continuum de couleurs » bruissant dans l’escalier d’honneur de l’hôtel particulier d’Ivan Morozov, tapissé de tableaux de Pierre Bonnard entre de fausses colonnes ioniques. On imagine le bonheur des invités découvrant, en plein hiver moscovite, les panneaux ensoleillés du triptyque La Méditerranée, encadrés sur les côtés par Le Printemps et L’Automne, aux feuillages ébouriffés, envahissant l’espace.

Mais le vrai jardin secret d’Ivan Morozov tenait dans une pièce réservée à lui seul contenant des vues par Cézanne, son peintre préféré, aux formes géométriques, aux couleurs translucides posées par couches, comme pour l’aquarelle. Par exemple Paysage bleu (1903), une symphonie de bleus et de verts profonds. « Lui qui avait suivi des cours de dessin dans sa jeunesse portait un regard de peintre sur cet art sophistiqué, dit Anne Baldassari. Son cabinet privé était son lieu de délectation. » Un plaisir exclusif qui pourra être partagé dès mercredi par des milliers de visiteurs.

« La Collection Morozov - Icônes de l’art moderne », à la Fondation Louis Vuitton (Paris 16e), du 22 septembre 2021 au 22 février 2022. Réservations : fondationlouisvuitton.fr
OUEST FRANCE
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